Nicolas Aubagnac

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avril 2026

Nicolas Aubagnac : la tapisserie comme récit contemporain

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Une écriture textile entre art décoratif et narration

Designer et architecte d’intérieur français, Nicolas Aubagnac développe une œuvre singulière à la croisée du mobilier, de l’objet d’art et des savoir-faire d’exception. Son travail s’inscrit dans une continuité revendiquée avec les arts décoratifs français, tout en cherchant à projeter le classicisme dans le présent — voire dans l’avenir.

Dans cette démarche, la tapisserie occupe une place particulière. Elle devient pour lui un médium d’expression à part entière, où la matière textile — laine, relief, densité — est travaillée comme une surface narrative. Chaque pièce est pensée comme un objet de collection, conçu et fabriqué en France, signé et destiné à traverser le temps pour rejoindre le patrimoine des arts décoratifs.

Mais au-delà de la matière, c’est une véritable écriture qui se déploie : une écriture visuelle nourrie de références symboliques et littéraires.

Lothlorien, 2026

2025 : Ruche et Mandorla, naissance d’un langage

En 2025, à l’occasion du salon Art Paris au Grand Palais, Nicolas Aubagnac dévoile ses premières tapisseries : Ruche I, Ruche II et Mandorla.

Ces œuvres posent les bases de son vocabulaire textile.

  • Ruche I et Ruche II explorent une géométrie organique inspirée de la structure alvéolaire. Elles évoquent à la fois l’architecture naturelle, le collectif et une forme d’ordre universel.
  • Mandorla, quant à elle, convoque une symbolique plus spirituelle : cette forme en amande, héritée de l’iconographie sacrée, devient un espace de passage entre intérieur et extérieur, entre visible et invisible.

Le succès est immédiat : collectionneurs et prescripteurs saluent la puissance plastique de ces pièces et leur capacité à réactiver un médium historique dans une écriture contemporaine.

2026 : Persephone, B612, Lothlorien — la tapisserie comme littérature

En 2026, toujours à Art Paris, Nicolas Aubagnac poursuit et approfondit cette recherche avec trois nouvelles tapisseries : Persephone, B612 et Lothlorien.

Le choix des titres marque une évolution décisive : la tapisserie devient explicitement un espace de dialogue avec la littérature.

  • Persephone puise dans la mythologie grecque. La figure de Perséphone, entre monde des vivants et monde souterrain, fait écho à une esthétique du passage, déjà présente dans Mandorla.
  • B612 renvoie directement à l’astéroïde du Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry. La tapisserie devient ici un fragment d’imaginaire, un paysage mental, presque cosmique.
  • Lothlorien évoque la forêt mythique de l’univers de J. R. R. Tolkien, lieu suspendu, intemporel, où lumière et matière semblent irréelles.

À travers ces œuvres, Aubagnac affirme un principe fondamental : la tapisserie n’est pas seulement décorative, elle est narrative. Elle agit comme un texte silencieux, une surface à lire autant qu’à regarder.

Cette dimension littéraire ne se limite pas à l’intention : elle est inscrite physiquement dans l’œuvre. Les textes qui inspirent chaque tapisserie sont en effet tissés au dos des pièces, comme une mémoire cachée, une strate invisible du récit. Ce dispositif renforce le lien entre littérature et matière, et introduit une lecture intime, presque secrète, de l’œuvre.

Vers une tapisserie d’auteur

Avec Ruche, Mandorla, puis Persephone, B612 et Lothlorien, Nicolas Aubagnac ne se contente pas de revisiter la tapisserie : il en propose une lecture d’auteur.

À la croisée du design, de l’art et de la littérature, ses œuvres participent à un renouveau des arts décoratifs contemporains. Elles affirment une ambition claire : faire de la tapisserie un médium vivant, capable de porter des imaginaires complexes et de dialoguer avec les grandes références culturelles.

En cela, Aubagnac s’inscrit dans une tradition française du « beau » — mais une tradition en mouvement, tournée vers la création des classiques de demain.

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